Stranger by Green – Yann Gerstberger

Du 17 septembre au 12 novembre 2011.


Pour Stranger by Green, sa première exposition monographique produite par 40mcube, Yann Gerstberger construit un ensemble de sculptures composé de statuettes soclées sur des agencements hybrides et baroques de divers matériaux tels que des chutes de cuir brut, des bambous, du plexiglas, des fleurs synthétiques, de la cellophane et des objets industriels comme un banc de musculation, un parasol de plage ou un socle en béton.

Les sculptures de Yann Gerstberger semblent être l’objet de rituels contemporains. Colorées, ornées, composites, elles rassemblent des objets hétéroclites ayant eu une vie antérieure comme des objets usuels occidentaux, des objets d’art dit primitif fabriqués en série et des matériaux aussi divers que tissus, bâches, bois récupéré… Ces éléments sont attachés, dressés et partiellement recouverts de tissus ou de motifs ethniques peints, librement interprétés dans des sculptures qui assument leur aspect décoratif et artisanal.
Par cette pratique de l’assemblage, l’artiste crée une surenchère, ses sculptures compilant le sens de chaque objet et celui créé par l’assemblage lui-même. Soit la partie qui ne parle pas du tout mais qui se rajoute au tout… Il joue avec les surfaces et les volumes et semble appliquer à la sculpture la pratique du mix d’images, du copier-coller propre à l’informatique.

Sa méthode de travail qui passe par la recherche d’objets, de matériaux, d’images, par l’essai direct de compositions et de recouvrements de ces éléments, sans utiliser les moindres dessins, notes d’intention ou simulations préalables, n’est pas sans rappeler la sérendipité, la découverte liée au hasard. Si celle-ci est devenue une véritable méthode de recherche scientifique, elle est également pratiquée depuis fort longtemps, et aujourd’hui encore par des artistes comme Yann Gerstberger. Proche de l’expérimentation et de l’expérience, elle converge chez lui dans le sens d’une sculpture rituelle. Chacune de ses œuvres, dont il ne donne aucun détail sur la provenance de ses composantes, est une découverte et une curiosité en soi.

L’artiste revendique « une filiation directe avec l’art brut, naïf, primitif, et des liens de parenté non occidentaux, du tribal, de l’ethnique, du mélange, des déplacements géographiques ou mentaux. » Ses sources et ses références sont variées mais soigneusement choisies, des primitivismes africain, précolombien, océanien aux cultures dites « outsiders », populaires, urbaines, street, et de la surf culture que l’on retrouve également dans la sculpture californienne. Les questions du post-colonialisme mais aussi des low cultures sont évoquées sans parti pris, par le prisme d’un exotisme tout à fait personnel.

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For Stranger by Green, his first monographic exhibition produced by 40mcube, Yann Gerstberger built a series of sculptures composed of statuettes standing on hybrid and baroque assemblages made up of different materials such as leather scraps, bamboos, Plexiglas, artificial flowers, cellophane and industrial objects like a bodybuilding bench, a beach umbrella or a concrete plinth.

Yann Gerstberger’s sculptures seem to be the objects of modern rituals. Colourful, ornamented, they gather disparate objects with a past life such as Western everyday objects, mass-produced objects of so called primitive art and materials as diverse as fabrics, tarpaulin and reused wood… Those elements are tied up, erected and partially covered up with fabrics or painted ethnical motifs, reinterpreted in sculptures that accept their decorative and artisanal aspect.

By assembling in this manner, the artist creates an overbidding, his sculptures compile the meaning of each object and of the one created by the assemblage itself. He plays with surfaces and volumes and seems to be applying to sculpture the mixing of images, the copy and pasting present in computing.

His work method uses the research of objects, of materials, of images, with direct compositions, and not using sketches, notes or simulations beforehand, reminding us of serendipity, the discovery that results of luck. If this has become a proper scientific method, it has been used for a long time, and still is today by artists like Yann Gerstberger. Close to experimentation, the method is conveyed in his work with a ritual sculpture. Each of his pieces, on which he does not give any indication on the provenance of their component, is in itself a discovery and a curiosity.

The artist claims a “direct filiation with art brut, naïve, primitive, and a non-Western heritage, tribal, ethnic, mixing, with geographic and mental movements.” His sources of inspiration and his references are multiple but carefully chosen, from African primitivisms, pre-Columbian, Oceanian to “outsider” cultures, popular, urban, street, and surf culture that can be found in Californian culture. The questions of post-colonialism and low cultures are implied without taking position, through the prism of a very personal exotism.