INGENIUM – Emmanuelle Lainé

Du 30 avril au 17 juillet 2010.


L’exposition INGENIUM est pensée comme un atelier de curiosités intégrant des formes inspirées d’objets scientifiques existants et des formes inventées ayant donné lieu à des recherches de matériaux spécifiques. Sur ce principe de cabinet de curiosités, tout est intégré à l’exposition : les objets, leur dispositif de réalisation, de transport et de présentation se déploient dans l’espace, intégrant et rendant visible le processus de fabrication intellectuel et concret des œuvres.

Ainsi Linda est une structure en métal de 300 x 100 x 250 cm qui s’inspire autant de la forme des supports zoomorphes des sarcophages dans les tombeaux égyptiens que des microarchitectures présentes dans la série de fresques sur la vie de saint François d’Assise de Giotto. Epurée, cette structure devient un contenant contenu, support d’objets rapportés. On y trouve ainsi un objet existant, un skydôme, ainsi que des formes fabriquées, une demi sphère de terre cuite, un store de lamelles, une paroi de bois sur laquelle apparaissent des formes délavées, traces d’objets aujourd’hui disparus. Cette structure permet une présentation modulable. Elle peut être présentée close, les différents objets rangés à l’intérieur, sur le dessus ou les parois, ou déployée, comme c’est le cas dans l’exposition. Chaque élément constituant est déposé dans l’espace dans une présentation qui permet au visiteur de reconstituer le puzzle de cette œuvre.

Les deux autres sculptures principales sont un élément praticable sur lequel le public peut s’asseoir et qui laisse une place en creux à une forme inspirée d’un appareil acoustique du 19ème siècle. L’autre forme, adossée au mur, n’est autre que le moule de cette première sculpture, qui devient lui-même un support de présentation d’un ordinateur donnant à voir en consultation un texte commandé par l’artiste à Laëtitia Paviani : une invitation à rentrer dans le travail d’Emmanuelle Lainé par le biais d’une mythologie.

Ces sculptures sont fabriquées à partir de matériaux et de techniques aussi divers que le métal, le grès, la pâte à papier, la résine, le polygel, le velours… soit des matériaux utilisés dans l’industrie et des matériaux domestiques. Ces effets de matières apportent un aspect designé aux sculptures, alors que celles-ci, inspirées d’objets plus anciens, conservent une certaine symbolique. Frôlant l’objet utilitaire on peut parler d’ergonomie primitive. Certaines d’entre elles prennent des formes anthropomorphes comme cet étui moulage de jambe en pulpe de papier…
Le déploiement et la mise en scène de ces éléments / parties d’un tout dans l’espace créent un univers fictionnel imbriqué dans l’histoire, la science et l’archéologie, que le public peut lire en filigrane et extrapoler.

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Production 40mcube, en partenariat avec les Ateliers de Rennes – Biennale d’art contemporain

Emmanuelle Lainé a bénéficié du programme de résidences de Triangle France.
Emmanuelle Lainé est représentée par la galerie Triple V.



The exhibition INGENIUM is thought of as a workshop of curiosities. It integrates shapes inspired by existing scientific objects as well as invented shapes making a search for specific objects necessary. Along the lines of a curiosity cabinet, everything is integrated into the exhibition : the objects, the moulds in which they were created, the steps of their transportation and presentation displayed around the room rendering visible both the intellectual and the concrete aspects of the manufacturing process.

In this way, Linda is a metal structure (300x100x250 cm) whose inspiration comes as much from the zoomorphic style of ancient Egyptian sarcophagi as from microarchitecture present in the Giotto’s series of frescoes about the life of Saint Francis of Assisi. Purified, this structure becomes a content within a content, a supporting idea for retrieved objects. One can find pre-existing objects within the sculpture, such as a skydome, as well as manufactured forms : a terracotta hemisphere, slat blinds, a wooden wall on which washed out shapes appear, traces of bygone objects. This structure allows for a modular presentation. It can remain closed with the objects inside, on top, on the walls or unfurled, as is the case for this exhibit. Each element is displayed in the space to permit the visitor to put together the puzzle of this art piece.

The first of the two other primary sculptures is a practical element, a chair with a hollow spot where the public can sit and whose shape is inspired by a 19th century hearing apparatus. The other shape, leaning against a wall, is none other than the mold of the first sculpture, which becomes in and of itself a media presentation of a computer showing the text of Laetitia Paviani made for the artist: an invitation to enter into the work of Emmanuelle Lainé through mythology.

These sculptures are manufactured using different techniques and with materials as diverse as metal, paper mâché, resin, polygel and velvet…in other words, industrial and domestic material. The effects of this material bring an aspect of design to the sculptures while the older subject matter maintains a certain symbolicism. Noting the idea of utilitarian objects in the pieces, one can observe the primitive ergonomics of her works. Several of her sculptures contain anthropomorphic shapes such as the case mold of a paper mâché leg.

The display and the setting of these different parts around the space creates a kind of fictional universe nestled into history, science and archaeology, that the public can use to read between the lines and extrapolate upon.