Cellar Door – Aude Anquetil, Hilary Galbreaith, Brieg Huon, Nicolas Pesquier


Photos : Salim Santa Lucia

Du 2 juin au 7 juillet 2018
Vernissage le vendredi 1er juin 2018 à 18h

Aude Anquetil, Hilary Galbreaith, Brieg Huon, Nicolas Pesquier font partie de GENERATOR #4

Production : Generator – 40mcube, EESAB, Self Signal

Une invitation d’Arondit – Romain Semeteys

Arondit
98, rue Quincampoix
75003 Paris

Du jeudi au samedi de 14h à 19h

Pour la deuxième année consécutive, Arondit accueille la nouvelle promotion du programme GENERATOR dédié à la professionnalisation de jeunes artistes, porté par ​40mcube à Rennes. Nous sommes une nouvelle fois très heureux de présenter cette exposition de fin de formation et d’accompagner les quatre artistes qui ont eu carte blanche pour ce projet pensé spécifiquement pour notre espace et produit par 40mcube.

Cellar Door ​se présente comme une immersion fictionnelle dans un espace domestique, celui d’une maison habitée sur deux niveaux et aménagée par les états intérieurs des personnes qui y habitent. ​Dans la continuité de leur premier projet ​PostPop ​présenté en mars dernier à la galerie Art & Essai (Rennes) on retrouve dans ​Cellar Door ces ​même intentions de fiction, de narration et de mise en scène. Ainsi le rez-de-chaussée d’Arondit rassemble des travaux aux tonalités décoratives et utilitaires tandis que le sous-sol présente une descente dans l’inconscient. Comme dans un habitat où les espaces de vies sont cloisonnés, les univers de chaque artiste sont ici clairement identifiés.

L’enseigne A casa mia ​pourrait facilement se transformer en ​A casa tua tant l’invitation à l’alanguissement d’A​ude Anquetil ​est probante. Indissociable de son travail d’écriture, cette installation intime est une invitation à la lecture de son dernier livre qui fait tout autant œuvre que ses postures, ses personnages, ses jeux de faux-semblant. Il faut prendre le temps de s’allonger sur ce lit banquette et voir la vie extérieure à travers un filtre bien trop artificiel pour mieux se perdre dans les pensées de l’écrivaine et de les faire siennes. Chez moi, chez toi, chez nous.

Les recherches sur les motifs de ​Nicolas Pesquier ​sont un subtil dosage de références à l’histoire de l’art et à l’histoire des tissus imprimés. Les formes obtenues se font échos d’un certain passé industriel (bleu de travail) et d’une automatisation des techniques de reproduction (briques) ; réinterprétés ici par des gestes manuels faits d’empreintes, de tampons et d’adhésions. Dans ce décor théâtral de salon, Nicolas Pesquier restitue ses récentes expérimentations et laisse planer un doute quant à l’activation ou non des ses pièces.

La descente dans les sous-sols d’Arondit – la partie “inconsciente” de l’espace domestique – propose une ambiance de narration tout à fait différente faite de couleurs étranges, de sons curieux et d’objets personnifiés.
C’est ainsi que l’on pénètre dans l’intérieur du corps démantelé d’une saucisse géante, dernière étape du récit filmique ​Sausageland d’​Hilary Galbreaith dont l’épopée est à suivre sur le compte Instagram de l’artiste. Cette ultime installation est l’aboutissement d’un travail au long cours sur la confrontation du corps humain face aux écrans et aux outils technologiques augmentés. Cette reine de la charcuterie laisse alors apercevoir son univers grotesque et parodique, à l’esthétique “low budget” assumée.

En réponse à cette relation humain-technologie, ​Brieg Huon ​interroge de son côté la dépendance humain-objet. Les sculptures présentées ​ont un statut volontairement équivoque, entre mobilier et machines autonomes, dont l’appréhension en termes d’usage montre notre attachement à celles-ci. Un mobilier robot semble attendre patiemment sa vengeance. Plus loin une ritournelle entêtante de films muets est diffusée par une sorte de meuble. Les objets semblent vivants.

Romain Semeteys