Bertfalhe – Hélène Bertin, Éléonore False, Ingrid Luche

Du 19 octobre au 21 décembre 2019
Vernissage le vendredi 18 octobre 2019 à 18h30

Commissariat : 40mcube
Production : 40mcube et Cnap.

Exposition présentée dans le cadre du programme Suite, initié par le Cnap en partenariat avec l’ADAGP.

40mcube
48, avenue Sergent Maginot
35000 Rennes

Dans le cadre du programme Suite initié par le Centre national des arts plastiques en partenariat avec l’ADAGP, 40mcube présente l’exposition collective Bertfalhe qui réunit les artistes Hélène Bertin, Éléonore False et Ingrid Luche.

Les œuvres d’Hélène Bertin, d’Éléonore False, et d’Ingrid Luche, réunies dans l’exposition Bertfalhe ont comme point commun d’être liées à un voyage, à la découverte de villes et de territoires, témoignant d’un intérêt chez ces artistes pour l’ailleurs, d’une forme d’altérité.

Chacune d’entre elles a donc entrepris un voyage, Éléonore False est partie au Japon à la rencontre des Aïnous, Ingrid Luche à Los Angeles, Hélène Bertin à Cucuron. De destinations dont les cultures nous sont lointaines à des imageries familières car portées par les médias au niveau d’un mythe, à des contrées proches de chez nous dont certaines pratiques peuvent nous paraître parfaitement étrangères, l’exposition relativise la notion d’ailleurs – toujours ethno-centrée – et celle du déplacement.

Outre l’attrait pour diverses cultures, ces artistes s’intéressent plus précisément à des rituels ou des rites, à la construction de croyances. Partir vérifier des mythes, explorer des cultures en voie de disparition ou revenir aux sources enquêter sur une procession ancestrale qui perdure, telles sont leurs démarches respectives. Chacune d’entre elles a pour méthode de travail une phase d’immersion et de recherche documentaire, qui se manifestent ensuite différemment dans leur pratique. L’édition ou la conférence peuvent faire œuvre dans le travail d’Hélène Bertin, Éléonore False associe des documents en tant que tels à des objets, tandis qu’ils deviennent partie intégrante plus ou moins identifiable des œuvres d’Ingrid Luche.

Enfin, ces artistes partagent un usage de techniques artisanales – céramique, textile, tissage, travail du verre – qu’elles expérimentent, recherchant la meilleure formalisation de leurs idées. Elles témoignent également toutes d’un intérêt pour le motif, avec ce qu’il représente en termes d’appartenance à une culture, une communauté ou un groupe. Un motif qu’elles décontextualisent et détournent pour le transposer sur des supports inattendus et par le biais de techniques inhabituelles. Une photographie préalable à une œuvre de Richard Prince devient le motif d’une robe ou d’une cape d’Ingrid Luche, les dessins abstraits des costumes et des tatouages Aïnous sont reproduits dans des dessins muraux d’Éléonore False, la procession de l’Arbre de mai de Cucuron s’infuse dans les céramiques d’Hélène Bertin.

Si les pots, vases et tasses de cette dernière peuvent se fondre au retour de la céramique dans le design actuel, les objets d’Éléonore False, dénués de fonctionnalité s’éloignent de ce domaine, tout comme les vêtements impossibles à porter d’Ingrid Luche. Ces derniers prennent corps dans des sculptures, n’endossant aucun usage.

Ainsi l’exposition, qui condense et fait cohabiter de manière entremêlée les univers, les objets et les motifs d’Hélène Bertin, d’Éléonore False, et d’Ingrid Luche, devient un lieu à part entière, un territoire autonome composé d’éléments de différentes cultures et contrées. Nommé Bertfalhe, il appelle à son tour un imaginaire permettant à chacun·e de choisir où le situer sur une carte.

Anne Langlois

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As part of the Suite program initiated by the Centre national des arts plastiques in partnership with ADAGP, 40mcube presents the collective exhibition Bertfalhe, which brings together artists Hélène Bertin, Éléonore False and Ingrid Luche.

The works of Hélène Bertin, Éléonore False and Ingrid Luche, brought together in the Bertfalhe exhibition, have in common that they are linked to a journey, to the discovery of cities and territories, showing an interest in these artists for new horizons, a form of otherness.

Each of them therefore undertook a trip, Éléonore False went to Japan to meet the Aïnous, Ingrid Luche in Los Angeles, Hélène Bertin in Cucuron. From destinations whose cultures are distant to us, to familiar imageries known through the media that show them as a myth, to countries close to us where some practices may seem perfectly unfamiliar, the exhibition relativizes the notion of elsewhere – always ethno-centric – and that of displacement.

In addition to the attraction for various cultures, these artists are more specifically interested in rituals or rites, in the construction of beliefs. Their respective approaches are to verify myths, explore endangered cultures or return to the sources to investigate an ancestral procession that is still going on. Each artist has as a working method a phase of immersion and documentary research, which then manifest themselves differently in their practice. Publishing or conference can play a role in Hélène Bertin‘s work, Éléonore False associates documents with objects, while they become an integral part, more or less identifiable, of Ingrid Luche‘s works.

Finally, these artists share a use of craft techniques – ceramics, textiles, weaving, glass work – that they experiment with, seeking the best formalisation of their ideas. They also all show an interest in the pattern – with what it represents in terms of belonging to a culture, community or group. A pattern that they decontextualize and distort, in order to transpose it onto unexpected media by using unusual techniques. A photograph prior to a work by Richard Prince becomes the motif of a dress or cape by Ingrid Luche, abstract drawings of Aïnous costumes and tattoos are reproduced in wall drawings by Éléonore False, the procession of Cucuron’s May Tree is infused into Hélène Bertin‘s ceramics.

If the pots, vases and cups of Hélène Bertin can blend in with the return of ceramics in the design today, Éléonore False‘s objects, which are non-functional, are moving away from this field, as are Ingrid Luche‘s unworkable clothes, that are embodied in sculptures, which do not have any use.

Thus the exhibition, which condenses and makes the worlds, objects and motifs of Hélène Bertin, Éléonore False, and Ingrid Luche cohabit in a intertwined way, becomes an autonomous territory composed of elements from different cultures and regions.
Thus the exhibition, which condenses and makes the worlds, objects and motifs of Hélène Bertin, Éléonore False and Ingrid Luche cohabit in a intertwined way, becomes a place in its own right, an autonomous territory composed of elements from different cultures and regions. Named Bertfalhe, it calls for an imaginary world that everyone is free to locate on a map.

Anne Langlois