Avec une bonne prise de conscience des divers segments du corps votre geste sera plus précis dans l’eau, Loïc Raguénès

Du 16 février au 27 avril 2013.


Les textes critiques sur le travail de Loïc Raguénès abordent son œuvre de manière détournée, en parlant de sujets aussi variés que la cuisine ou la Bretagne. Peu d’éléments sur ses fondements, ses choix et ce qu’il produit, mais des métaphores.

Loïc Raguénès réalise un traitement systématique d’images – de films, de chefs d’œuvres de l’histoire de l’art, de scènes quotidiennes partielles ou entières – qu’il sélectionne dans des livres, des journaux ou sur Internet. Il les reproduit en peinture ou au crayon de couleur par le biais d’une trame rappelant à la fois le pointillisme, la grille moderniste, Gerhard Richter et le pixel informatique. Ce traitement par omission, réalisé de manière artisanale, donne une vision parcellaire qui permet cependant une reconstitution de l’image par l’œil.

Cette trame monochrome, d’une couleur savamment choisie, constitue un filtre, établit une distance entre l’image initiale et l’observateur. Elle nivelle les sources pourtant diverses : une nature morte de Cézanne comme une photographie documentaire d’un clochard allongé au sol cohabitent sur le même mur.

Chacune des expositions de Loïc Raguénès propose une nouvelle configuration de ses œuvres qui adoptent des dimensions allant de petits formats à des papiers peints ou des peintures murales. Chaque accrochage revêt un caractère évident malgré l’incongruité des rapprochements d’images qu’il crée, laissant le soin à chacun d’établir une éventuelle narration.

L’exposition à 40mcube, qui regroupe de nouvelles peintures et une intervention sur l’espace d’exposition, peut être visitée comme une séance de natation synchronisée, car « avec une bonne prise de conscience des divers segments du corps, votre geste sera plus précis dans l’eau ».

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Critics of Loïc Ragnénès’ work look at it in an indirect way, talking about topics as diverse as cooking and Brittany, using metaphors instead of exploring his inspirations, his choices and his productions.

Loïc Ragnénès makes a systematic treatment of images – from films, masterpieces of art history, everyday scenes, partial or in their entirety – that he selects in books, newspapers or on Internet. He reproduces those images with paint or colouring pencils using a screen, clearly borrowing from pointillism, the modernist frame, Gerhard Richter and the pixel. This crafted treatment of the image by omission gives a fragmented vision that can still be reconstructed by the eye.

This monochromatic screen, of a carefully chosen colour, acts like a filter, creating distance between the initial image and the viewer. It levels the images and their diverse origins: a still life by Cézanne and a photograph of a tramp lying on the ground share the same wall.

Each of Loïc Raguénès’ exhibitions offers a layout of his artworks that take different sizes, from small formats to murals. Each exhibition bears this evident aspect while at the same time, creating incongruity with the images put together, allowing the viewer to make up his own narration.

The exhibition at 40mcube, combining new paintings and an intervention on the exhibition space, can be visited like a session of synchronised swimming, because “with a good awareness of the different segments of the body, your gesture will be more precise in the water.”