Analnathrach, Antoine Dorotte

Du 4 février au 21 avril 2012.


Antoine Dorotte place le dessin à la base de son travail. Il le pratique sur divers supports en utilisant différentes techniques : dessin au feutre, gravure, métal gravé, film d’animation, etc. La gravure est une constante qui se retrouve aussi bien sous forme de papier que sur les sculptures. Elle fournit également les images des films d’animation de l’artiste. Sobre et sombre, son travail de sculpture prolonge l’atmosphère de série B, de polars, de bande-dessinée et de jeu vidéo présente dans ses dessins et ses films. Sous leur apparence esthétique, ses sculptures et ses films sont le résultat d’un traitement violent des matériaux qui sont attaqués chimiquement par des produits corrosifs.

Pour son exposition personnelle à 40mcube, Antoine Dorotte réalise plusieurs nouvelles œuvres produites par 40mcube : une sculpture, une installation, une série de gravures et un nouveau film produit par 36 ». L’exposition donne ainsi une vision d’ensemble du travail protéiforme de l’artiste tout en mettant en évidence les liens existants entre ces différentes formes.

Dans l’espace d’exposition, une sphère de 2,50 mètres de diamètre constituée d’écailles de zinc est posée. Du sommet jaillit un liquide, non pas de l’eau, mais un produit qui coule entre les plaques de zinc et attaque progressivement le matériau. Plus cette fontaine d’un nouveau genre est en action, plus les motifs se multiplient et se creusent dans la matière, faisant de cette sculpture une œuvre corrosive qui, plutôt que s’auto-détruire, s’auto-attaque et par conséquent s’auto-crée.

Sur l’un des pignons de l’espace d’exposition, une installation également constituée de plaques de zinc gravées à l’acide investit la totalité du mur. Collant à l’espace, elle le retourne, inversant la relation intérieur/extérieur d’un bâtiment. Avec la sculpture-fontaine conçue pour pouvoir être présentée dedans comme dehors et le détournement du zinc en écailles habituellement utilisé en architecture pour des toitures ou pignons, Antoine Dorotte crée un espace extérieur qui se joue en intérieur. Sur cette installation qui leur sert de décor sont présentées sept gravures extraites de Move it Piano, film précédent d’Antoine Dorotte, de Fiji, une édition lenticulaire, et de Whirlwind Riding, nouveau film de l’artiste projeté dans la Black Room, l’espace de projection de 40mcube. Ces gravures nous emmènent vers la fiction à l’œuvre dans cette vidéo : une violent tempête fait rage. Un personnage se débat, c’est Miranda PaintOmovie, avec un gros O au milieu, qui virevolte dans la végétation en pleine furie…

Chacun des films d’Antoine Dorotte se répond sans se suivre. L’artiste ne crée pas une narration logique de film en film mais propose des séquences de vie de personnages récurrents. Ainsi, dans Whirlwind Riding, on retrouve Miranda PaintOmovie, déjà rencontrée dans Move it Piano. On l’a vue sur la plage. Dans ce nouvel opus, on la suit en lisière de la jungle. Rappelant l’Irma Vep de Feuillade, Miranda est un personnage hybride, tout comme le paysage qui l’entoure, composé à partir de sources télévisuelles et cinématographiques. Ces collages et interférences sont unifiés par la gravure, chaque image du film étant gravée sur une plaque de zinc. Une même teinte et une même atmosphère énigmatique se retrouvent dans toutes ces scènes brèves qui constituent des boucles muettes. Celles-ci sont à l’image de ce travail en permanente effervescence, plein de rebondissements, où chaque partie est sans cesse réintroduite dans le tout sous un aspect différent.

Antoine Dorotte est représenté par la galerie ACDC.
Son travail est documenté sur le site DDAB (Documents d’artistes Bretagne).

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Antoine Dorotte puts drawing at the foundation of his work. He uses different medium and techniques: marker drawings, engraving, animated films, etc. Engraving is a constant in his work and can be found on paper or sculptures. It is also used to create the images of the artist’s animated films. Simple and dark, his sculpture work prolongs an atmosphere of B-movie, thrillers, comic strips and video games found in his drawings and films. With their aesthetic appearance, his sculptures and films are in fact the result of a violent process with the materials chemically attacked by corrosive products.

For his solo exhibition at 40mcube, Antoine Dorotte presents several new pieces produced at 40mcube: a sculpture, an installation, a series of engravings and a new film produced by 36”. The exhibition thus gives a global perspective on the protean work of the artist while emphasising the links that exist between its different aspects.

In the exhibition space, a 2.50 meters in diameter sphere made up of zinc scales has been set up. From its top spurts out a liquid, not water, but a product that runs down between the zinc plates and progressively corrodes the metal. The more this fountain of a new kind is in action, the more motifs multiply and hollow the surface out, making this sculpture a corrosive artwork which attacks itself and as a result creates itself.

One of the walls of the exhibition space is entirely taken up by an installation also made up of zinc scales engraved with acid. It reverses the space, inverting the relationship between interior/exterior. With the fountain-sculpture designed to be showed inside or outside and the diversion of zinc scales, usually used in architecture for roofs and facades, Antoine Dorotte creates an exterior space that is put inside. With this installation, that serves as a décor, are exhibited seven engravings, extracted from Move it Piano, Antoine Dorotte’s previous film, of Fiji, and of Whirlwind Riding, the artist’s latest film shown in the Black Room, the projection space of 40mcube. Those engravings are a link with the fiction of this video: a violent storm breaks out. A character, Miranda PaintOmovie, with a capital O in the middle, struggles and spins in an agitated vegetation.

Each of Antoine Dorotte’s films replies to the other but without forming a sequel. The artist is not creating a logical narration from one film to the next but offers life sequences of recurring characters. Hence, in Whirlwind Riding, we meet again with Miranda PaintOmovie, who had already been introduced in Move it Piano. We saw her on a beach. In this new opus, we follow her at the edge of the jungle. Reminding us of Irma Vep de Feuillade, Miranda is a hybrid character, just like the landscape surrounding her, made up of televisual and cinematographic sources. Those collages and interferences are unified through engraving, each of the film’s images being engraved on a zinc plate. The same shade and enigmatic atmosphere are found in all those short scenes that constitute silent loops. They mirror this work in constant agitation, full of twists, where each part is constantly reintroduced with a new light.